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| Bien souvent nous cherchons des excuses ou des raisons pour expliquer pourquoi il boit trop. Bien souvent aussi nous assumons les responsabilités à sa place, pour lui éviter des soucis ou parce qu'il n'est pas en état de les assumer. Et puis, nous cachons à notre entourage ces épisodes qui nous mettent mal à l'aise. La peur et la honte nous rendent muettes, et comme il devient de plus en plus difficile d'en parler avec notre partenaire, nous finissons par nous taire et nous isoler avec ce problème. Contrôler Protéger et excuser n'a rien changé au problème, alors nous essayons de limiter les consommations, de contrôler ce qu'il fait, où il va, avec qui... Nous développons parfois d'ingénieuses stratégies pour essayer de maîtriser la consommation d'alcool de notre partenaire. Mais là encore le problème persiste et notre humeur varie au gré de l'humeur de notre partenaire. Il boit peu, il sort moins et nous retrouvons espoir. II rentre tard et s'endort sur le canapé et c'est la déception. Sans compter que nous perdons peu à peu confiance en lui et en nous-mêmes, ainsi qu'en notre capacité à l'aider et à l'empêcher de boire. Alors les épisodes de disputes, les colères éclatent de plus en plus souvent... colère contre lui, contre l'alcool, contre nous-mêmes, contre ceux qui boivent avec lui, contre ceux qui voient son problème et ne disent rien... Accuser Lorsque la situation est devenue insupportable et que toutes nos tentatives pour essayer de le faire arrêter de boire ont échoué, nous laissons alors libre cours aux reproches. C'est à cause de lui que tout va mal, c'est lui qui nous rend malheureuse... il doit arrêter de boire sinon il sera responsable des conséquences qui peuvent aller d'une dénonciation pour conduite sous effet de l'alcool à une demande de divorce. Il aura fallu beaucoup d'énergie dépensée, de souffrance accumulée, de moments d'espoir et de doute pour finalement nous rendre compte que nous ne pouvons pas faire les choses à sa place et que sans engagement dans une démarche, toutes nos tentatives n'arriveront pas à stopper la progression de la maladie de la dépendance. Pourtant, nous pouvons faire quelque chose, même s'il n'est pas prêt se faire soigner. Comprendre le rôle que l'on joue Pour une femme, il est particulièrement difficile de ne pas offrir spontanément son aide et son soutien. L'image de la femme est en effet souvent associée à des qualités comme la patience, la sensibilité, la serviabilité, le dévouement, la capacité à se mettre à la place de l'autre. Ces représentations sociales imprègnent et déterminent notre comportement de femme et l'image que nous avons de nous-mêmes. Nous nous sentons facilement responsables et pensons que, sans notre aide, il n'arrivera pas à s'en sortir... quitte à devoir nous-mêmes avoir recours à des médicaments ou à d'autres substances pour pouvoir tenir le coup dans une telle situation. Que faire? Quel comportement adopter? Un couple, c'est un peu comme un engrenage : les pièces s'imbriquent les unes dans les autres et tournent à un rythme donné. Si une des pièces se met à tourner différemment, tout l'engrenage doit tourner différemment... ou casser. Alors plutôt que désespérer de le voir changer... si MOI je change quelque chose, cela aura nécessairement une influence sur son comportement à lui. Mais que changer? - Accepter que je ne peux pas arrêter de boire, ni me faire soigner à sa place, - Je ne peux que changer que moi-même, - Je peux réapprendre à répondre à mes besoins et mes envies: faire ce qui me fait plaisir, rencontrer les personnes que j'aime, prendre du temps pour m'occuper de moi, - Je ne dois pas me sentir coupable: il ne boit pas à cause de moi, il boit parce qu'il est malade de l'alcool et c'est la seule raison qui explique son comportement, - Je peux poser des limites pour ne plus souffir pareillement de ce problème d'alcool - Je ne dois plus tout assumer ni tout faire à sa place, - Je peux chercher de l'aide pour moi-même, pour soulager ma souffrance et m'aider dans ma démarche, - accepter de chercher de l'aide pour soi-même. Même si c'est mon partenaire qui est dépendant de l'alcool, sa maladie m'affecte tellement qu'il m'est difficile de continuer à supporter la situation. Nous ne pouvons que vous encourager à chercher de l'aide à l'extérieur de votre couple auprès de: - un médecin en qui vous avez confiance et à qui vous pouvez parler de votre situation - un centre de consultation en alcoologie et autres dépendances. Vous trouverez les adresses de ces différents services dans l'annuaire téléphonique sous les rubriques suivantes : alcoolisme, centre de consultation, ligues, etc. - un groupe d'entraide qui réunit des proches de personnes dépendantes; vous pouvez trouver les coordonnées des groupes AI-anon dans l'annuaire ou auprès des centres spécialisés (ci-dessus). Vous pouvez faire appel à l'une ou/et l'autre de ces différentes ressources. Choisissez la voie qui vous convient le mieux et surtout celle où vous sentirez comprise et écoutée. Toutes les personnes ont le devoir de garder pour elles mêmes ce que vous allez leur confier; de plus, leurs prestations sont soit gratuites soit prises en charge par votre assurance maladie. Apprendre à aider Comment aider quelqu'un qui ne demande rien et qui ne souhaite pas changer ? II est légitime de vouloir aider votre partenaire, mais parfois aider c'est trouver le courage de lâcher prise, c'est-à-dire de laisser votre partenaire assumer lui-même les responsabilités de sa consommation d'alcool et leurs conséquences au quotidien... même si, dans un premier temps, il vous semblera inhumain de le laisser se détruire sans rien essayer de faire. Mais peut-être est-ce la seule façon pour votre partenaire de prendre conscience de la gravité de sa maladie et du besoin qu'il a de se faire soigner. La dynamique du changement Votre nouvelle attitude va forcément provoquer des changements. II faut vous préparer à ce que ces changements ne soient pas nécessairement positifs et qu'ils engendrent une augmentation de la consommation, des menaces, des conflits. Impossible de prédire la réaction de votre partenaire mais il va certainement réagir, parce que quelque chose change dans sa vie à lui aussi et qu'il souhaiterait que les choses restent comme elles ont été jusque-là. N'hésitez pas à chercher de l'aide, car cela peut être un moment particulièrement difficile pour vous et, dans ces conditions; vous hésiterez certainement à poursuivre dans cette nouvelle voie. Pourtant si vous lui laissez assumer ses responsabilités et ses tâches, non seulement vous aurez vous-même le sentiment de revivre et de reprendre goût à la vie, mais votre bien-être retrouvé ne pourra que donner espoir à votre partenaire qu'il peut lui aussi changer, lui aussi chercher de l'aide pour lui-même, afin d'atténuer les souffrances de sa maladie : II n'y a que lui qui peut s'offrir cette chance. Redonner la responsabilité de la maladie et de son traitement à son pertenaire, lâcher prise, prendre sonscience de ses propres besoins et y répondre, voilà une redécouverte pour vous-même. Préparez-vous à faire face à des remarques interrogatives, et parfois désobligeantes de vos interlocuteurs: Comment peut-elle le laisser tout seul? Pourquoi est-elle si insensible? Pourquoi ne l'aide-t-elle pas? Tout le monde n'a pas votre expérience et spontanément tout le monde pense qu'il faut protéger, excuser, aimer, être présent -trop parfois-, pour aider un partenaire dépendant. Vous aussi avez cru cela. À présent, vous savez que faire, prendre du temps pour vous même, et ne pas hésiter à chercher de l'aide à l'extérieur! - source |
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